lundi 23 août 2010

C'est la rentrée...

Enfin, bientôt. Du coup, il est temps de faire un peu de ménage sur ce blog (mais si, regardez dans la colonne de droite) et d'écrire un peu avant de se remettre au boulot. Et en cette rentrée, l'heure est aux rééditions. Alors que Kütu Folk Records s'apprête à ressortir Oh, Ramona d'Hospital Ships (dont le label US a subi des dégâts des eaux) et Spirit Guides d'Evening Hymns (qui sera en tournée en Europe en septembre), le label américain Anti- se charge lui d'offrir une plus large audience au premier album de Lost in the Trees.

All Alone in an Empty House est sorti début août, réarrangé par le producteur de St Vincent et de The Mountain Goats (entre autres) avec deux nouvelles chansons par rapport à l'édition 2008. Lost in the Trees, c'est d'abord le projet d'Ari Picker autour duquel vont se rassembler de nombreux musiciens, de formation classique. On ne s'étonnera donc pas de voir figurer sur le disque deux morceaux instrumentaux, dont le superbe Mvt. I Sketch, aux côtés des autres chansons, plus inspirées par la folk traditionnelle. On pourrait avoir peur d'une certaine grandiloquence avec l'importance des cordes dans le groupe (deux violoncelles, un violon et une guitare!) mais non, l'ensemble est remarquablement harmonieux, porté par la voix d'Ari Picker et soutenu par des chœurs féminins. Difficile d'extraire une chanson comme étant la meilleure tant l'album est homogène (et bon), toutes n'ont pas la fougue de Fireplace, mais n'en sont pas moins entraînantes (ou entêtantes).
 Il est prévu que sorte en 2011 un autre album basé sur l'EP Time Taunts Me, agrémenté de nouvelles chansons. Et vu la qualité dudit EP et des nouvelles chansons (A Room Where Your Paintings Hang notamment), ça promet!



Puisqu'on parle de rééditions, Talitres vient d'annoncer dans sa dernière newsletter qu'arrivait en novembre Drift de The Apartments, dans une version remasterisée avec des inédits, un an après la petite série de concerts auxquels des chanceux dont je fais partie avaient pu assister. Et c'est une sacré bonne nouvelle, puisque ce disque n'est pas loin d'être un chef d'œuvre (pour vous en convaincre, il suffit d'écouter Goodbye Train, On Every Corner, Knowing You Were Loved ou All His Stupid Friends) ! 
De plus, après avoir dévoilé un nouveau titre en juin, Peter Milton Walsh, homme fort de The Apartments devrait revenir tourner en France sous peu.

Pour finir, et il n'est pas question de réédition ici, Sufjan Stevens a sorti un EP vendredi, sans prévenir personne. L'effet est totalement réussi et m'a même convaincu de sortir pour la première fois ma carte bleue pour acheter des fichiers mp3 (5$ pour un EP de 60 min, c'est tout de même assez rentable). De toute façon, All Delighted People EP aura droit à une sortie physique en fin d'année et ça ne m'empêchera pas de l'acquérir une nouvelle fois puisque pour ne rien vous cacher, c'est encore une fois sublime (je ne résiste pas à ses "the world is a me-ee-eess" sur le titre inaugural!).







Liens : - Les dates (avec d'autres à venir) sur le myspace d'Evening Hymns ou le site de Kütu Folk Records. Une excellente compilation gratuite avec tous les artistes du label à télécharger.
             - Le site de Lost in the Trees, leur concert à emporter, une vidéo de leur concert avec un orchestre et un lien pour écouter l'album complet sur Spotify.
          - En attendant mieux, le myspace de The Apartments où on peut écouter deux des quatre chansons citées. Et une session chez Magic.
            - Le bandcamp de Sufjan Stevens, où l'EP est en écoute intégrale et en téléchargement.

jeudi 15 juillet 2010

Why did you dress me down ?

Non, je ne travaille ni pour Kütu Folk Records, ni pour The National, mais encore une fois, je vais revenir sur ces derniers. Ils étaient présents deux soirs de suite cette année aux nuits de Fourvière, à Lyon et je m'y suis rendu mardi soir.

La soirée avait tout pour bien se dérouler: un cadre exceptionnel (le Théâtre antique de Fourvière), le soleil radieux jusqu'en fin d'après-midi et allait jouer sur scène le groupe que j'attendais depuis des mois. Et tout s'est très bien passé. Les cinq membres du groupe accompagnés de Padma Newsome et de leurs trompettiste et tromboniste ont livré un concert d'une heure et quart, parcourant leurs quatre derniers albums, avec une préférence pour les plus récents Boxer et High Violet.
J'étais conquis d'avance mais rien dans leur prestation ne m'a déçu, le son était vraiment très bon de bout en bout, la voix de Matt Berninger est encore plus poignante sur scène que sur disque et les arrangements tout aussi impressionnants. Malgré les absences regrettables de Slow Show et About Today, l'enchaînement des chansons a permis au concert de gagner en intensité au fur et à mesure que la nuit tombait. Je reste fasciné par la facilité apparente avec laquelle les membres de The National parviennent à recréer cet univers électrisé, sous tension perpétuelle qui leur est propre, grâce au jeu de guitares très bien maîtrisé et à la batterie, instrument essentiel chez eux.
Certains leur reprocheront sans doute un concert trop millimétré, sans place pour l'improvisation, mais pour moi, c'est aussi une caractéristique de leur musique, la recherche du son parfait, des arrangements qui collent au mieux aux morceaux...
Je n'avais pas pu m'empêcher de regarder les setlists avant la soirée et même si nous n'avons pas eu de grosses surprises à part Green Gloves qu'ils n'ont pas l'habitude de jouer, j'ai pu apprécier des chansons comme Little Faith ou surtout Runaway, que j'aimais moins sur CD. Et plus encore que ces deux dernières, je suis tombé sous le charme de l'enchaînement Available/Cardinal Song, morceaux que je connaissais mais qui ne m'avaient pas vraiment marqué, c'est un des meilleurs souvenirs de ce concert. Je trouvais la production étrange sur Terrible Love et en effet, j'ai largement préféré entendre cette chanson en conclusion, où ils ont pu se lâcher comme je pense qu'elle le mérite, qu'en ouverture de l'album où elle m'apparait toujours terriblement bridée.


Hormis la courte durée du concert, je ne pourrai reprocher que le fait qu'ils soient passés avant Vampire Weekend, j'aurais préféré quitter Fourvière avec Terrible Love (ou About Today, dans l'idéal) qu'avec Walcott. Mais il est vrai que la grande majorité du public était là pour eux et cela s'est ressenti dans les applaudissements et la danse, même si pour moi, la soirée a beaucoup perdu en intensité entre les deux groupes et le son (bien plus fort pour Vampire Weekend) s'est dégradé. Matt nous a signalé que nous étions le premier public à ne pas applaudir avant la fin de la belle Conversation 16 et je crois que cette remarque peut très bien s'expliquer par l'étrange sensation que j'ai eu de voir un public coupé en deux (en exagérant un poil) : d'un côté les personnes venus pour The National, réceptifs, chantant parfois (ce que c'est bon de pouvoir chanter tout au long du concert!) qui savaient sans doute que la chanson n'était pas terminée et de l'autre, des personnes venues pour Vampire Weekend, qui attendaient les premiers applaudissements venus de la fosse pour s'y mettre aussi ou qui n'applaudissaient pas du tout pour certains. L'association des deux groupes n'était peut-être pas judicieuse, tant le style et l'ambiance (et le public ?) étaient différents...
Je ne serai pas long sur Vampire Weekend, je me suis beaucoup embêté sur les premières chansons, encore plongé dans le concert précédent, jusqu'à ce que A-Punk me réveille et au final, pas de révélation, seules leurs chansons les plus connues m'ont plu (et du premier album en fait), Oxford Comma, Mansard Roof ou Walcott.


Je garde donc un excellent souvenir de ce concert de The National, quelque peu atténué par des circonstances indépendantes du groupe et j'ai hâte de les revoir pour un concert plus long, en tant que tête d'affiche cette fois.


Liens : 

  • Flickr où j'ai honteusement piqué les photos et sur lequel on peut retrouver la setlist avec Geese Of The Bervely Roads qu'ils n'ont pas jouée.
  • The National : site/myspace

mardi 22 juin 2010

Did you know that the world is a mountain ?

"Out Of This Spark ne sort pas de disques en Europe, donc il me faudrait un label européen. Je suis ouvert à toute proposition !" disait Jonas Bonnetta dans un entretien donné au magazine Magic en Décembre 2009. Aujourd'hui, c'est chose faite: Spirit Guides, son album sous le nom d'Evening Hymns, va sortir le 6 Septembre chez Kütu Folk Records

En fin d'année, plus beaucoup de nouveautés à se mettre sous la dent, j'étais du coup ravi de tomber sur cet album qui m'a accompagné tout au long de l'hiver. A travers ses neuf chansons, Jonas nous emmène chez lui, au Canada et a invité quelques amis à participer au voyage, James Bunton d'ohbijou notamment. En écoutant ce disque, on imagine très bien l'artiste chez lui, au milieu de la forêt qu'il semble tant aimer et l'impression est encore renforcée quand vient le titre November 1st, 2008, Lakefield, Ontario où il laisse l'orage grogner pendant cinq minutes.

Je crois qu'en fait, j'aime toutes les chansons de ce Spirit Guides. La voix chaleureuse de Jonas est sublimée par les instruments, cordes, cuivres ou percussions, qui prennent parfois le dessus et ne laissent jamais sombrer l'album dans la monotonie (c'est le cas sur Mtn. Song, à partir de 3:50 par exemple). Si certains albums de folk reposent uniquement sur la voix du chanteur, pas celui-ci. L'ensemble est même parfaitement équilibré et donne des chansons comme Broken Rifle ou Dead Deer


Un bien beau disque au final, je vous en reparlerai à la rentrée, à l'occasion de son concert à Clermont-Ferrand et de la sortie de l'album (ainsi que celle d'Hospital Ships). Dans la série Kütu Folk Records, il y avait aussi le premier Lündi Kütu Folk la semaine dernière à la Coopérative de Mai. Un rendez-vous pour présenter les albums qui vont sortir sur le label. C'était cette fois-ci au tour de soso avec une mise en scène un peu étrange: plutôt que de laisser l'album en écoute libre, on nous a proposé une écoute autour d'un spectacle de danse.




Je dois vous avouer que la danse, ce n'est pas ce que j'ai préféré et puis, je n'étais pas là pour ça, mais ça m'a permis de me focaliser sur la musique et d'écouter l'album sous un angle différent. Il y a d'abord le son d'une salle concert, autrement meilleur que celui de Spotify, et puis cette concentration accrue qui nous laissent apprécier tout le contenu du disque, sa richesse instrumentale mêlée aux paroles rapées de soso. Une expérience troublante et unique puisque les prochains Lündis Kütu Folk seront organisés différemment.



Je profite de cet article pour vous conseiller très fortement d'aller lire cette longue interview (à laquelle j'ai - un peu - participé) d'Alexandre, le chanteur/guitariste du Delano Orchestra, qui gère le label.

Liens
Kütu Folk Records, soso, Evening Hymns
- Les trois nouveaux albums qui sortent sur Kütu Folk Records sont en écoute sur Spotify : Spirit Guides, Tinfoil on the window, l'album de soso et Oh, Ramona d'Hospital Ships.
- La vidéo de présentation de l'album de soso par lui-même à l'occasion de cette soirée