dimanche 17 octobre 2010

Hard times...

Difficile de trouver le temps de poster, en ce moment. Alors, pour ne pas laisser ce blog totalement à l'abandon et pour faire autre chose que des maths et de la physique, un petit billet dominical.

Pour vous parler du nouvel album de The Delano Orchestra d'abord, qui ne m'avait pas séduit à la première écoute, mais qui, après le concert (que j'ai chronique ici) se révèle petit à petit être une nouvelle fois un chouette disque. L'habile mélange entre morceaux tout en progression, Someone I Could Not Hurt, Now That You Are Free My Beloved Love et morceaux délibérément puissants, Modest Life ou Seawater, semble être la clé de leur réussite.


En attendant de pouvoir en parler plus longuement, quelques mots sur le cas Sufjan Stevens. Le bonhomme nous pond un album bizarroïde, The Age of Adz, rempli de bidouillages électroniques alors qu'on était jusque là habitué à son banjo. Il aurait sûrement été plus simple pour lui de rempiler avec un album dans le genre d'Illinoise ou Michigan, mais il n'a pas fait le choix de la facilité, quitte à laisser quelques fans sur le bord de la route. J'ai eu un peu de mal au début avec tous ces arrangements, mais des perles comme Vesuvius ou I Want To Be Well m'ont poussé à réécouter le disque, que j'apprivoise progressivement, y compris le dernier morceau de 25 minutes, Impossible Soul.



Je reviendrais sans doute vous parler des autres albums qui m'ont marqués cet automne, à savoir Halcyon Digest de Deerhunter, Lisbon des Walkmen et Fields de Junip, mais je voulais quand même glisser quelques mots sur le concert de The Daredevil Christopher Wright (dont l'album est très bien aussi) à Clermont. Organisé dans un appartement, un peu à la dernière minute, en petit comité donc (une dizaine de spectateurs) pour un moment privilégié avec ces copains de Bon Iver. Un joli concert, qui aurait mérité un peu plus de promotion et une très belle version de Conversation About Cancer pour finir. En vidéo, Stewardess captée cette soirée là:


Liens : - page de The Delano Orchestra sur le site de kütu folk et l'album sur spotify
             - page de Sufjan Stevens sur le site d'Asthmatic Kitty et l'album sur bandcamp
             - myspace de The Daredevil Christopher Wright et l'album sur spotify

lundi 23 août 2010

C'est la rentrée...

Enfin, bientôt. Du coup, il est temps de faire un peu de ménage sur ce blog (mais si, regardez dans la colonne de droite) et d'écrire un peu avant de se remettre au boulot. Et en cette rentrée, l'heure est aux rééditions. Alors que Kütu Folk Records s'apprête à ressortir Oh, Ramona d'Hospital Ships (dont le label US a subi des dégâts des eaux) et Spirit Guides d'Evening Hymns (qui sera en tournée en Europe en septembre), le label américain Anti- se charge lui d'offrir une plus large audience au premier album de Lost in the Trees.

All Alone in an Empty House est sorti début août, réarrangé par le producteur de St Vincent et de The Mountain Goats (entre autres) avec deux nouvelles chansons par rapport à l'édition 2008. Lost in the Trees, c'est d'abord le projet d'Ari Picker autour duquel vont se rassembler de nombreux musiciens, de formation classique. On ne s'étonnera donc pas de voir figurer sur le disque deux morceaux instrumentaux, dont le superbe Mvt. I Sketch, aux côtés des autres chansons, plus inspirées par la folk traditionnelle. On pourrait avoir peur d'une certaine grandiloquence avec l'importance des cordes dans le groupe (deux violoncelles, un violon et une guitare!) mais non, l'ensemble est remarquablement harmonieux, porté par la voix d'Ari Picker et soutenu par des chœurs féminins. Difficile d'extraire une chanson comme étant la meilleure tant l'album est homogène (et bon), toutes n'ont pas la fougue de Fireplace, mais n'en sont pas moins entraînantes (ou entêtantes).
 Il est prévu que sorte en 2011 un autre album basé sur l'EP Time Taunts Me, agrémenté de nouvelles chansons. Et vu la qualité dudit EP et des nouvelles chansons (A Room Where Your Paintings Hang notamment), ça promet!



Puisqu'on parle de rééditions, Talitres vient d'annoncer dans sa dernière newsletter qu'arrivait en novembre Drift de The Apartments, dans une version remasterisée avec des inédits, un an après la petite série de concerts auxquels des chanceux dont je fais partie avaient pu assister. Et c'est une sacré bonne nouvelle, puisque ce disque n'est pas loin d'être un chef d'œuvre (pour vous en convaincre, il suffit d'écouter Goodbye Train, On Every Corner, Knowing You Were Loved ou All His Stupid Friends) ! 
De plus, après avoir dévoilé un nouveau titre en juin, Peter Milton Walsh, homme fort de The Apartments devrait revenir tourner en France sous peu.

Pour finir, et il n'est pas question de réédition ici, Sufjan Stevens a sorti un EP vendredi, sans prévenir personne. L'effet est totalement réussi et m'a même convaincu de sortir pour la première fois ma carte bleue pour acheter des fichiers mp3 (5$ pour un EP de 60 min, c'est tout de même assez rentable). De toute façon, All Delighted People EP aura droit à une sortie physique en fin d'année et ça ne m'empêchera pas de l'acquérir une nouvelle fois puisque pour ne rien vous cacher, c'est encore une fois sublime (je ne résiste pas à ses "the world is a me-ee-eess" sur le titre inaugural!).







Liens : - Les dates (avec d'autres à venir) sur le myspace d'Evening Hymns ou le site de Kütu Folk Records. Une excellente compilation gratuite avec tous les artistes du label à télécharger.
             - Le site de Lost in the Trees, leur concert à emporter, une vidéo de leur concert avec un orchestre et un lien pour écouter l'album complet sur Spotify.
          - En attendant mieux, le myspace de The Apartments où on peut écouter deux des quatre chansons citées. Et une session chez Magic.
            - Le bandcamp de Sufjan Stevens, où l'EP est en écoute intégrale et en téléchargement.

jeudi 15 juillet 2010

Why did you dress me down ?

Non, je ne travaille ni pour Kütu Folk Records, ni pour The National, mais encore une fois, je vais revenir sur ces derniers. Ils étaient présents deux soirs de suite cette année aux nuits de Fourvière, à Lyon et je m'y suis rendu mardi soir.

La soirée avait tout pour bien se dérouler: un cadre exceptionnel (le Théâtre antique de Fourvière), le soleil radieux jusqu'en fin d'après-midi et allait jouer sur scène le groupe que j'attendais depuis des mois. Et tout s'est très bien passé. Les cinq membres du groupe accompagnés de Padma Newsome et de leurs trompettiste et tromboniste ont livré un concert d'une heure et quart, parcourant leurs quatre derniers albums, avec une préférence pour les plus récents Boxer et High Violet.
J'étais conquis d'avance mais rien dans leur prestation ne m'a déçu, le son était vraiment très bon de bout en bout, la voix de Matt Berninger est encore plus poignante sur scène que sur disque et les arrangements tout aussi impressionnants. Malgré les absences regrettables de Slow Show et About Today, l'enchaînement des chansons a permis au concert de gagner en intensité au fur et à mesure que la nuit tombait. Je reste fasciné par la facilité apparente avec laquelle les membres de The National parviennent à recréer cet univers électrisé, sous tension perpétuelle qui leur est propre, grâce au jeu de guitares très bien maîtrisé et à la batterie, instrument essentiel chez eux.
Certains leur reprocheront sans doute un concert trop millimétré, sans place pour l'improvisation, mais pour moi, c'est aussi une caractéristique de leur musique, la recherche du son parfait, des arrangements qui collent au mieux aux morceaux...
Je n'avais pas pu m'empêcher de regarder les setlists avant la soirée et même si nous n'avons pas eu de grosses surprises à part Green Gloves qu'ils n'ont pas l'habitude de jouer, j'ai pu apprécier des chansons comme Little Faith ou surtout Runaway, que j'aimais moins sur CD. Et plus encore que ces deux dernières, je suis tombé sous le charme de l'enchaînement Available/Cardinal Song, morceaux que je connaissais mais qui ne m'avaient pas vraiment marqué, c'est un des meilleurs souvenirs de ce concert. Je trouvais la production étrange sur Terrible Love et en effet, j'ai largement préféré entendre cette chanson en conclusion, où ils ont pu se lâcher comme je pense qu'elle le mérite, qu'en ouverture de l'album où elle m'apparait toujours terriblement bridée.


Hormis la courte durée du concert, je ne pourrai reprocher que le fait qu'ils soient passés avant Vampire Weekend, j'aurais préféré quitter Fourvière avec Terrible Love (ou About Today, dans l'idéal) qu'avec Walcott. Mais il est vrai que la grande majorité du public était là pour eux et cela s'est ressenti dans les applaudissements et la danse, même si pour moi, la soirée a beaucoup perdu en intensité entre les deux groupes et le son (bien plus fort pour Vampire Weekend) s'est dégradé. Matt nous a signalé que nous étions le premier public à ne pas applaudir avant la fin de la belle Conversation 16 et je crois que cette remarque peut très bien s'expliquer par l'étrange sensation que j'ai eu de voir un public coupé en deux (en exagérant un poil) : d'un côté les personnes venus pour The National, réceptifs, chantant parfois (ce que c'est bon de pouvoir chanter tout au long du concert!) qui savaient sans doute que la chanson n'était pas terminée et de l'autre, des personnes venues pour Vampire Weekend, qui attendaient les premiers applaudissements venus de la fosse pour s'y mettre aussi ou qui n'applaudissaient pas du tout pour certains. L'association des deux groupes n'était peut-être pas judicieuse, tant le style et l'ambiance (et le public ?) étaient différents...
Je ne serai pas long sur Vampire Weekend, je me suis beaucoup embêté sur les premières chansons, encore plongé dans le concert précédent, jusqu'à ce que A-Punk me réveille et au final, pas de révélation, seules leurs chansons les plus connues m'ont plu (et du premier album en fait), Oxford Comma, Mansard Roof ou Walcott.


Je garde donc un excellent souvenir de ce concert de The National, quelque peu atténué par des circonstances indépendantes du groupe et j'ai hâte de les revoir pour un concert plus long, en tant que tête d'affiche cette fois.


Liens : 

  • Flickr où j'ai honteusement piqué les photos et sur lequel on peut retrouver la setlist avec Geese Of The Bervely Roads qu'ils n'ont pas jouée.
  • The National : site/myspace